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Fleurs de graminées, portraits en herbe - La Salamandre

Cet article fait partie du dossier

Les herbes essentielles

Portraits en herbe

Des fleurs sans nectar ni odeurs ? Voici les herbes, trois tribus à l'anatomie aussi dépouillée qu'efficace.

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fleur de gramineé - La Salamandre
© Stéphane Hette

Les graminées

Au premier abord, elles ont toutes un sérieux air de famille. Des tiges fines, des feuilles étroites et des fleurs réduites à l'essentiel. Mais sur ce plan général, les graminées ou poacées comme les appellent les spécialistes ont brodé mille variations. C'est cette grande homogénéité de forme qui complique la reconnaissance des espèces, au point de décourager les botanistes en herbe. Pour décrypter le langage des graminées, il faut se mettre à quatre pattes, de préférence avec une petite loupe.
Très fines, les tiges sont flexibles et en même temps remarquablement résistantes. C'est ce qui leur donne un avantage décisif face au chêne de la fable. Leur secret ? Une succession de renforcements courts appelés nœuds et de tronçons creux et allongés baptisés très logiquement des entre-nœuds. Quant aux fleurs, pas besoin d'odeurs, de nectar ou de couleurs quand on fait l'impasse sur les insectes pollinisateurs. En revanche, il faut produire d'immenses quantités de semence mâle car le vent est un transporteur peu fiable. A la place des pétales, deux écailles appelées glumelles protègent les étamines mâles productrices de pollen et l’ovaire femelle. Ce dernier est coiffé de deux stigmates poilus dont le rôle et de capter un peu de poudre d'or.
Ces fleurs sont souvent resserrées en petits groupes protégés par deux écailles supplémentaires appelées glumes, le tout formant un épillet. Et les épillets sont à leur tour attachés à la tige ou portés par des pédicelles. Une fois fécondé, chaque fleuron produira un fruit sec contenant une seule graine riche en réserves d'amidon. Des réserves qui nous nourrissent tous.

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limbe

Entre-nœud

Nœud

© Stéphane Hette
Photo d'un nœud de graminée - La Salamandre
Nœud / © Stéphane Hette
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stigmates

glumelle

ovaire

étamines

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ligule

oreillette

gaine

chaume creux sauf aux nœuds

© Stéphane Hette

Sexe ou non ?

La plupart des graminées portent les deux sexes sur le même pied et sont donc hermaphrodites. Souvent, des mécanismes génétiques empêchent le pollen d'un individu de féconder ses propres fleurs. Car la vie aime les croisements créatifs. Mais certaines espèces annuelles ou colonisatrices savent se débrouiller toutes seules par autofécondation, parfois même sans véritable floraison.
Dans tous les cas, la force des graminées tient beaucoup à leur reproduction végétative, autrement dit quand une racine ou une tige horizontale crée un nouvel individu juste à côté sans sexualité. Rien de tel pour former rapidement de larges touffes de clones identiques.

Les joncs

Les joncs ont également des fleurs discrètes, décolorées et de petite taille. Mais la grande différence par rapport aux graminées, c'est qu'il subsiste six espèces de pétales autour de six étamines et un ovaire. Egalement pollinisées par le vent, ces herbes ont poussé un peu moins loin la simplification des fleurs. La plupart des joncs sont des spécialistes des sols humides. Leurs feuilles sont souvent transformées en tubes remplis d'une sorte de moelle. Cette adaptation à la vie aquatique permet d’améliorer la circulation des gaz à l’intérieur des tissus.
Membres de la même famille des joncacées, les luzules préfèrent les sols secs en forêt ou dans les prés. On les distingue facilement des graminées à leurs feuilles toujours pourvues de longs poils laineux.

Photo de Luzule multiflore - La Salamandre
Luzule multiflore / © Stéphane Hette
Photo d'une fleur de jonc - La Salamandre
fleur de jonc / © Stéphane Hette
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stigmate

ovaire

tépale

étamine

Les laîches

Comme les graminées, la famille des laîches ou cypéracées peuple tous les milieux, du sommet des montagnes aux sables du littoral. Scirpes, linaigrettes, marisque, rhynchospores, choins et laîches ont eux aussi en commun un appareil floral extrêmement simplifié. La fleur se réduit à une seule écaille qui protège les organes sexuels. Et les pétales ont disparu ou sont remplacés par des soies. Difficile de faire plus simple !
Il existe des centaines de laîches très diverses. Leurs feuilles sont souvent disposées en triangle autour d'une tige, elle-même de section triangulaire. Quant aux fleurs, elles sont regroupées dans des épis exclusivement mâle ou femelle ou parfois mixtes. Enfin, chaque fruit mûrit dans une petite pochette-surprise appelée utricule.

Photo de Laiche glauque - La Salamandre
Laiche glauque / © Stéphane Hette
Schéma de la tige trigone d'une laiche
tige souvent trigone
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fleur mâle

fleur femelle

© Stéphane Hette
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étamines

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utricule

ovaire

écaille

Découvrez la suite de notre dossier sur les graminées, les herbes essentielles.

Couverture de La Salamandre n°246

Cet article est extrait de la Revue Salamandre

n° 246  juin - juillet 2018
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