Un petit marais plein de vie
Créez dans votre jardin une petite zone de marais en accueillant quelques plantes qui aiment vivre les pieds dans l’eau.
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Dernier bastion au milieu des champs cultivés, le fossé encore humide que longent Camille et Nathan accueille une foule de végétaux particuliers. La brise qui fait danser les tiges souples des roseaux et des iris charme les deux enfants. « Ce serait chouette d’en faire pousser chez nous. » C’est vrai ! Et si vous aménagiez vous aussi une mini-zone humide dans votre jardin ? Vous pourriez ainsi apprécier quotidiennement le parfum de la reine-des-prés ou guetter l’arrivée des insectes butineurs sur les fleurs de salicaire.
Alors que d’invisibles tuyaux de drainage ont fait disparaître la plupart des petits marais dans les parcelles agricoles, chaque espace humide recréé, même tout petit, est un précieux coup de pouce à la biodiversité.
L’eau, c’est la vie. Pour s’en convaincre, il suffit d’observer le foisonnement d’espèces qui vivent au bord des mares et des rivières, là où une berge en pente douce permet l’installation d’une succession de plantes adaptées à ces conditions particulières. Formes des feuillages, couleurs des fleurs, diversité des tailles, cette mosaïque végétale pourrait se plaire dans votre jardin et offrir un refuge à de nombreux animaux.
Et tant qu’à faire, si vous avez la possibilité de créer une mare attenante à votre zone marécageuse, c’est encore mieux. Allez, une pelle, une pioche et c’est parti !
Matériel
- Pelle-bêche
- Pioche
- Brouette
- Bâche imperméable
- Ciseaux
Comment faire
Choisissez pour votre futur marécage un emplacement alimenté régulièrement en eau : au pied d’une gouttière, en contrebas d’une zone de ruissellement, dans une cuvette à l’ombre comme au soleil.
Creusez une zone définie à l’avance en prenant soin de mettre de côté les mottes d’herbes et la terre végétale. La profondeur de votre trou doit atteindre 30 à 50 cm pour éviter un dessèchement trop rapide.
Nettoyez le trou en retirant les racines et les cailloux pointus ou coupants. Installez la bâche en la plaquant bien au fond et sur le pourtour.
Découpez les rebords trop larges de la bâche en veillant à laisser dépasser une marge d’une vingtaine de centimètres sur
le pourtour de la fosse.
Mélangez la terre noire avec du compost ou du terreau mûr. Placez le tout dans la zone creusée, sur la bâche. Maintenez une petite dépression de 10 cm entre le haut de la fosse et le sol alentour. Utilisez ensuite les mottes mises de côté pour recouvrir et cacher les rebords.
Installez quelques végétaux que vous aurez prélevés avec parcimonie dans un fossé humide ou issus de semis que vous aurez réalisés à partir de graines récoltées dans la nature. Laissez des zones nues pour suivre la colonisation naturelle. Si la pluie tarde, inondez votre petit marais avec un tuyau d’arrosage.
Règles d’or
Plutôt que d’acheter des plantes exotiques en jardinerie, mieux vaut apprendre à reconnaître quelques plantes aquatiques communes et les prélever avec parcimonie, évidemment avec l’accord du propriétaire des lieux. Choisissez de préférence pour vos prélèvements des endroits en cours d’exploitation. Tentez aussi de faire des boutures de tiges et de rhizomes.
Plantez les végétaux les plus grands au centre puis les plus modestes en bordure : au milieu les massettes, iris, reines-des-prés, eupatoires, épilobes ou salicaires puis les laîches, menthes aquatiques, populages, joncs et consoude.
Trois stars de votre zone humide
Une terre maintenue humide peut attirer des fleurs sauvages spectaculaires. Voici trois beautés à ne pas manquer.
Le bel iris des marais produit un nectar sucré apprécié des bourdons. Ses feuilles pointues en forme d’épée atteignent parfois 1,50 m. Ses rhizomes servaient autrefois à teindre le cuir en noir à condition de les bouillir avec de la limaille de fer. Les pétales d’or, si insolites, laissent place à de petits coffres contenant de précieuses mais vénéneuses graines.
L’eupatoire chanvrine dresse ses bouquets de minuscules fleurs roses au-dessus de n’importe quel terrain mouillé, à l’ombre comme au soleil. Ses longues tiges souvent rougeâtres sont du plus bel effet. Sa floraison exerce un incroyable attrait sur les syrphes, ces drôles de mouches souvent déguisées en guêpes, et plus encore sur les papillons dont la ronde animera votre jardin.
Enfin, la reine-des-prés dévoile un parfum capiteux lorsqu’elle fleurit. Ses inflorescences décoratives font le bonheur des abeilles et des amateurs de tisanes ou de desserts. Son ancien nom, la spirée, a donné son appellation à l’aspirine. Ses feuilles contiennent en effet des composés à l’origine du médicament. Ses fruits en spirale régalent les oiseaux granivores
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Cet article est extrait de la Revue Salamandre
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